Pays et Territoire

Pays et Territoire​

Ruralités

Faut-il vivre à la campagne pour être heureux ?

92% des communes de la Région Occitanie sont rurales. Loin des clichés et des lieux communs, cette ruralité est dynamique et attractive, puisqu’elle attire des habitantes et des habitants, à un taux identique à la croissance régionale globale. Pourtant, ces espaces sont concernés par des phénomènes de sédentarisation contrainte: les habitant-e-s y vivent non tant par choix que contraint.e.s par différents facteurs comme le coût de la vie. La perception selon laquelle le groupe des « perdant.e.s » de la mondialisation  serait concentré en milieu rural peut alors être forte. Pourtant, le village, symbole de la ruralité, revient avec force comme le lieu du refuge face à l’autre, face à un monde que l’on subit, car trop rapide ou trop violent. Le village semble offrir un lieu de vie plus agréable, moins cher, moins agressif. Cette image de la ruralité s’est trouvée renforcée par les canicules des derniers étés, que l’on supporte mieux à la campagne et le covid19 qui a contraint des millions de Françaises et de Français à un confinement souvent difficile à affronter en ville. Lieu de villégiature prisé, la ruralité de vient le cadre désiré pour des urbains en mal de mieux vivre.

Un monde agricole en souffrance

De plus, le tableau accablant du monde agricole, où le temps de travail moyen est de 55 heures, s’étendant sur le week-end, avec près de 20% des exploitations en déficit, ainsi que le fléau du suicide chez les agriculteurs et agricultrices, appelle à des réponses fortes qui ne sont toujours pas inscrites au calendrier politique de la Région. La ruralité est bien la grande perdante du modèle économique global, incarné par le néolibéralisme, l’urbanisme, et la conception de l’espace rural comme d’un terrain de jeu.

Notre ambition est de rendre à la ruralité ses valeurs premières, celle de l’agriculture paysanne ancrée dans sa terre, celle de la cohabitation heureuse avec sa biodiversité, celle de rapports humains établis autour de la solidarité, et enfin celle de la sobriété. Toutes ces valeurs doivent se déployer dans le libre-choix des individus, pour en finir avec la précarité imposée, et embrasser la sobriété heureuse que nous appelons de nos vœux.   

Propositions

1 – Réinventer une économie rurale, en déployant de nouveaux mix énergétiques propres à l’échelle locale, en évitant l’exploitation des ressources primaires et en favorisant l’emprise de la Région sur le foncier en faveur de l’agroécologie, de l’ESS et de la protection des terres.

2 – Conduire une véritable politique des mobilités à destination de la ruralité : transports scolaires à moins de 30 minutes des établissements, valorisation et amélioration des transports collectifs, et incitations à la mobilité partagée notamment par l’encouragement d’initiative citoyennes de covoiturage. Voir dans le numérique une opportunité, pas une substitution aux moyens de transports du quotidien.

3 – Revitaliser par l’économie sociale et solidaire, en accompagnant les initiatives par SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) en s’inspirant et en soutenant les initiatives de mise en place du Revenu de Transition Écologique.

4 – Renforcer l’autonomie et la solidarité sur le territoire, en repensant les liens entre les différentes structures territoriales, et en fléchant les circuits courts vers les bassins de vie et les marchés proches. Repenser la santé à l’échelle du territoire pour lutter contre la désertification médicale.

5 – Favoriser la résilience du territoire en agissant sur l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées, en renforçant l’éducation et la formation dans les zones les plus reculées (en rendant la fermeture des classes, options et établissements impossible).

6 – Revitaliser les services publics et les commerces de proximité dans l’arrière-pays.

7 – Lancer une politique de revitalisation de la biodiversité et des espaces naturels, en insistant sur le principe de non artificialisation des sols, en réintroduisant des espèces protégées, en protégeant le patrimoine forestier, et en accompagnant le monde agricole vers l’objectif de 50% d’exploitations en agroécologie en 2040.

8 – Valoriser le monde rural par le tourisme, en créant des géo-parcs, un organisme régional de promotion des gîtes, chambres d’hôtes et aires protégées, et en anticipant les conflits d’usage de l’espace liés au déploiement du tourisme 4 saisons.

9 – Faire face aux enjeux de l’urgence climatique, en incitant à la rénovation des bâtis dans les tissus urbains villageois à l’abandon, en renforçant les infrastructures régionales afin de faire face aux catastrophes climatiques.   

Littoral méditerranéen

La Mer Méditerranée est une mer de rencontres, d’échanges et de cultures. En prise avec les dérèglements climatiques qui le touche de plein fouet, cet écosystème plusieurs fois millénaire, doit aujourd’hui faire face à trois défis majeurs :

Premier défi : anticiper les conséquences actuelles et futures des dérèglements climatiques. Les dérèglements climatiques entraînent une montée progressive du niveau de la mer et le retrait du trait de côte. Ces bouleversements ont des conséquences qui nécessitent des adaptations majeures. Par exemple,  l’actuelle ligne ferroviaire reliant Narbonne à Perpignan sera à court terme sous l’eau. Ces bouleversements climatiques auront également des conséquences sur les productions agricoles de la zone méditerranéenne. 

Deuxième défi : lutter contre la pollution en Méditerranée. Pollutions industrielles agricoles, domestiques : la mer Méditerranée détient le triste record de mer la plus polluée au monde.  Pire,  on constate chaque année un accroissement des rejet de plastiques en Méditerranée. Ces pollutions ont pour conséquence une dégradation des milieux marins allant jusqu’à la disparition d’espèces maritimes animales et végétales. Le défi pour la Méditerranée est donc de lutter contre toutes ces formes de pollution à la fois contre celles produites sur terre et qui se diffusent en mer et celles produites en mer. 

Troisième défi : inventer une économie respectueuse des habitant.e.s et des milieux. La zone littorale est l’une de celles qui connaît les taux de chômage et de pauvreté les plus hauts de la région. Par exemple, l’hyper saisonnalité du tourisme tel qu’il s’y est structuré, entraîne une fragilisation de l’écosystème du littoral. Le défi économique auquel le littoral est confronté est d’adopter un modèle économique créateur d’emplois pérennes et protecteur de l’environnement.

La dégradation des milieux est aussi causée par la surpêche industrielle et le non respect de la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion.

Propositions

Nos 11 propositions pour répondre à ces défis qui feront parties d’un Plan Littoral 27 avec des objectifs, et une volonté, écologistes plus affirmés que le Plan littoral 21, dont le bilan sera établi. Nous nous appuierons également sur le Parlement de la Mer qui retrouvera sa vraie vocation d’organe de concertation démocratique, en impliquant la société civile, les citoyennes et les citoyens dans les décisions.

1 – Doter l’Observatoire Régional de la Biodiversité de moyens pour la préservation et la restauration  de la biodiversité marine. Ces moyens seront notamment alloués à des programmes de recherche, et à la mise en place d’actions de sensibilisation et d’intervention. 

2 – Développer des parcs marins et préserver des espaces en période de nidification sur les plages.

3 – Lutter contre les pollutions

– en lançant des programmes régionaux d’élimination des plastiques avec les acteurs économiques et les collectivités. Un programme encouragera notamment le développement de filières textiles en fibres naturelles pour limiter les microplastiques d’origine textile.

– en travaillant sur les risques liés aux pollutions situés en amont des côtes (pratiques agricoles employant des produits azotés et des pesticides, activités civiles côtières…), avec des objectifs de réduction chiffrés à atteindre à la fin du mandat.

4 – Lutter contre l’artificialisation des sols en bords de mer et l’urbanisation incontrôlée. Organiser le tourisme via une répartition spatiale et temporelle lissée et sobre, pour désengorger le littoral.

5 – Soutenir et promouvoir l’installation de pôles d’excellence technique, d’entreprises et d’initiatives innovantes en lien avec la mer et le transport en mer, conforme avec la transition écologique

6 – Soutenir la transition d’une pêche industrielle vers une pêche et une conchyliculture durable.

7 – Mieux utiliser la flotte de plaisance en mutualisant les bateaux notamment en créant une structure mixte de co-navigation.

8 – Coordonner, sous l’égide de l’Union Européenne, des actions communes entre les régions méditerranéennes, pour protéger la faune et la flore, soutenir la pêche et le transport durable et l’usage des énergies renouvelables.

9 – Au sein des lycées maritimes sensibiliser aux spécificités maritimes et marines respectueuses de l’environnement, de la valorisation locale de la connaissance des écosystèmes marins et de leur préservation.

10 – Minimiser les impacts sur les habitations et les équipements, en anticipant la recomposition spatiale entre recul sur l’arrière littoral et l’adaptation (pilotis, flottant…).

11 – Amplifier et pérenniser l’aide aux secours en mer, ainsi que le soutien aux marins en escale.

Port-la-Nouvelle

La Méditerranée détient le triste record de mer la plus polluée du monde. Mer d’échange et bassin de culture, elle est une richesse pour notre région. À Port-la-Nouvelle, ce qui est présenté officiellement comme « le port de la transition énergétique », est en réalité un projet qui consiste à augmenter les importations d’hydrocarbures, de bois tropicaux participant à la déforestation en Amérique du Sud et d’ammonitrate, matière extrêmement dangereuse responsable de l’explosion d’AZF à Toulouse et l’été dernier, de tout un quartier de Beyrouth… 

À Port-la-Nouvelle, nous proposons un autre projet, en phase avec la transition écologique, en créant :
  • Le développement d’une filière pour le démantèlement et le recyclage des bateaux de plaisance et la déconstruction navale.
  • L’implantation et la construction de bateaux nettoyeurs des mers.
  • Un centre de recherche et développement du bateau du futur.

Zones urbaines

Un.e habitant.e dans une zone urbaine sensible sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage y atteint des sommets, particulièrement chez les jeunes. 

Le terrain médiatique retient la polémique. On cherche des débats : identité nationale, islam, terrorisme… pour occulter l’origine du malaise des quartiers populaires : la relégation sociale. 

Dans ces quartiers, l’absence de réelle mobilisation de la puissance publique ne fait qu’aggraver les problématiques qu’on y rencontre plus qu’ailleurs. 

Dans le cadre du projet régional nous parlerons plutôt de quartiers populaires car nous souhaitons mettre en avant non seulement la notion de quartier défavorisé économiquement mais aussi et surtout celles des discriminations envers les habitant.e.s de ces quartiers. Discriminations à l’emploi aussi bien que dans l’accès au logement ou à l’espace public, au sport ou à la culture.  Il est primordial aujourd’hui d’investir massivement pour l’éducation, l’égalité Femmes/Hommes, les transports, l’emploi et la santé qui sont de nos jours au cœur des discriminations territoriales.  

Les différents acteurs publics ont mis beaucoup d’argent, mais ont toujours été incapables d’avoir une vraie vision claire des montants engagés ni  des effets de leurs politiques.  On constate par ailleurs que les dispositifs de politique de la ville ne s’inscrivent jamais dans la durée : les appel à projets viennent toujours des ministères pour être appliqués uniformément sur des situations locales qui, suivant les territoires et et leurs populations, différent et demandent des politiques adaptées à cette diversité. 

La vision défendue par l’Occitanie naturellement pour pour les quartiers populaires de la région Occitanie, est celle du droit commun, inclusive et inscrite dans la durée.

Propositions

1 – Accompagner l’expérimentation de Revenus Universels d’Existence (RUE)  et des Revenus de Transitions écologiques (RTE) dans les quartiers populaires.

2 – Favoriser la reprise de formations professionnelles qualifiantes et diplômantes, notamment dans les secteurs de la transition écologique en structurant la filière du génie écologique.

3 – Mettre en œuvre une tarification sociale solidaire pouvant aller jusqu’à la gratuité dans les transports, les activités culturelles et sportives pour les personnes sans ressources ou en situation de précarité.

4 – Exiger et accompagner l’encadrement des loyers.

5 – Garantir la gratuité des logements pour les jeunes (dont ceux du CROUS) en situation de précarité, ainsi que pour les étudiants étrangers.

6 – Rétablir le droit commun dans les quartiers par la présence des BIJ, mission locale, pôle emploi, lycées généraux et professionnels, maisons de santé publiques…

7 – Favoriser la création de tiers lieux intergénérationnels ainsi que de fermes urbaines, à des fins d’éducation à la transition écologique et à l’environnement.

8 – Créer des structures d’accueil pour l’enfance avec des horaires adaptés.

9 – Favoriser les démarches de justice restaurative dans les cas de délinquance afin de restaurer le dialogue, la communication, le lien humain et l’estime de soi.

10 – Promouvoir le réseau associatif local ainsi que les initiatives citoyennes.

11 – Soutenir la création de maisons des femmes ainsi que la présence d’associations.

12 – Favoriser l’accueil digne et véritable de toute nouvelle population désireuse de s’installer dans les quartiers, et permettre l’accès aux soins gratuit pour toutes les personnes ayant vécu des traumatismes durant sa vie. 

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