Économie

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L’écologie pour horizon

Deux crises majeures confirme la nécessité d’une politique qui anticipe et s’adapte aux changements d’aujourd’hui pour créer les emplois de demain.

1. Le dérèglement climatique : inondations, sécheresses et incendies, la multiplication d’évènements en lien avec ce dérèglement, nous ont sensibilisé à la fragilité de notre environnement. La protection de l’environnement va demander dans les années à venir à former des professionnels capables d’appliquer et de transmettre les bonnes pratiques.,

2. La crise sociale et sanitaire, et ses conséquences, nous font revenir à l’essentiel, modifier nos comportements de consommation et de socialisation, valoriser les échanges et les approvisionnements de proximité. L’envie du rural et des villes moyennes trouve un nouveau regain. Avec elle, le besoin de donner du sens à sa vie et à son travail. Alors que la crise sociale, aggravée par la sanitaire a provoqué chômage et précarité, ces nouvelles prises de conscience, ces envies nouvelles sont créatrices d’emploi et  d’activité, durables et non délocalisables.    

Un modèle à réinventer

Si les thèmes écologistes sont repris par la majorité socialiste, leur mise en œuvre reste cependant sur un modèle traditionnel qui peine à se projeter au-delà du court terme. Il reste donc beaucoup à faire pour que les réponses économiques soient à la hauteur des enjeux.

La situation économique de la région (chômage, précarité, pauvreté, conséquences du COVID, effondrement à venir de la partie phare de son industrie, l’aéronautique) incite à mobiliser créativité et intelligence collective pour sortir de cette situation vers le haut.

Les études faites depuis le début de la crise sur l’adaptation de nos modèles économiques projettent qu’en s’engageant dans un scénario de relance verte ambitieux, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seront être créés. Il faudra malheureusement faire face parallèlement à une casse sociale que l’on aurait pu, au moins partiellement, anticiper. Mais le solde est positif. À condition de se donner collectivement les moyens de nos ambitions.     

Selon le scénario « relance verte » de l’étude Ernst&Young réalisée pour le WWF en 2020, ce sont 94 000 emplois qui peuvent être créés en Occitanie en 2022.

Le Plan d’actions écologiste 

Trois leviers doivent être activés pour réussir l’après-crise et impulser une dynamique économique soutenable, résiliente, écologiste. 

faire face aux changements climatiques

valoriser notre région sans la détruire ni la surexploiter

prévenir la catastrophe industrielle qui vient.   

Faire face au changement climatique : exemple de la viticulture.

Avec 34 % de la surface viticole française, la région Occitanie est la première région viticole de l’hexagone. Sécheresse, canicules, inondation, maladies des végétaux, parasites, modification du cycle de la vigne : La viticulture est déjà soumise à des bouleversements d’importance dus au dérèglement climatique : les vendanges de 2020 ont été historiquement précoces après l’un des printemps les plus chauds du siècle. Ce n’est pas le fait d’une année 2020 particulière puisque cette tendance se confirme sur les 5 à 10 dernières années

Nos proposition pour la viticulture  : 

  • Encourager et renforcer le soutien à la sélection de cépages adaptés et plus résistants.  Cela permettra de plus de rompre avec une monoculture, avec l’homogénéité génétique dans la viticulture et donc réduire les risques de destruction liée aux maladies et aux aléas.
  • Accompagner la diversification pour ne pas dépendre uniquement de la vigne : maraichage, légumineuse, protéagineux…
  • Mettre en place un revenu de transition écologique, pour aller au bout de la logique de Paiement pour Services Environnementaux.
  • Soutenir les pratiques agro-environnementales pour favoriser la résilience des vignes : expérimentation des engrais verts, paillage et meilleure gestion du sol…
  • Tirer profit de l’hétérogénéité des terroirs en relocalisant les cépages et en encourageant une sélection paysanne faite en tenant compte de la nature des sols, la pente, l’altitude, l’exposition des parcelles.

Prévenir la catastrophe qui vient : l’exemple de l’aéronautique

Notre région à souffert au 20e siècle de la fermeture des mines de Carmaux ou de Decazeville. Notre territoire garde la mémoire des drames que cela entraîne. Pour ne plus faire bégayer l’histoire, nous pouvons prévenir les drames à venir.

L’aéronautique représente 125 000 emplois dans le grand Sud-Ouest dont 60% en sous-traitance et de nombreux emplois indirects. Il est totalement illusoire de penser qu’aujourd’hui Airbus va retrouver une cadence de production d’avant crise. Illusoire de penser alors que l’aéronautique pourra attendre une hypothétique rupture technologique dans 15 à 20 ans pour retrouver les niveaux de production que nous avons connu.

Pour respecter les accords de Paris sur le climat, il faut agir dès maintenant. La réduction de l’impact environnemental de l’aviation passera principalement par la maîtrise des usages et la limitation du trafic aérien. Au regard des impératifs climatiques, le transport aérien devra être sérieusement repensé. La projection du doublement du trafic aérien dans les quinze prochaines années n’est pas tenable.  

Le secteur aéronautique a encore de l’avenir dans la région à condition qu’il se remette en question et qu’il participe, comme tous les autres secteurs d’activité, à la lutte contre le dérèglement climatique.

Propositions

Valoriser notre région
sans la détruire : l'exemple du tourisme

Pour affirmer la résilience de nos sociétés comme fondement de notre action, il est impératif d’opérer la transition écologique nécessaire du tourisme en Occitanie. En tout état de cause, la politique actuelle de la région en terme de tourisme consiste à renforcer en grande partie la massification touristique. 

Depuis 2015 la Région a pour ambition de positionner l’Occitanie dans le top 10 des destinations touristiques européennes à l’horizon 2021. Le tourisme régional doit selon la majorité socialiste trouver « sa place dans la concurrence mondiale et faire de ses entreprises dédiées des leviers de croissance ». Un tel objectif implique d’augmenter la capacité régionale de 4 millions de nuitées, d’ouvrir de grands parcs de loisirs, de développer les aéroports régionaux et de ne pas intégrer la fragilité des milieux sur lesquels s’exercent la pression touristique. 

Ce modèle n’est pas celui de L’Occitanie Naturellement. L’heure est à une  meilleure gestion de l’existant, un partage des lieux et des réseaux pour rendre le secteur touristique pérenne tout en étant plus vertueux. La Région se doit d’être cheffe d’orchestre du développement de l’éco-tourisme.   

Propositions

Le tourisme à vélo

La région Occitanie dispose d’un potentiel inexploité de voies vertes et voies cyclables. Malgré les effets d’annonce, la Région reste dans le peloton de queue concernant la réalisation du schéma des vélo-routes avec seulement 40 % de réalisation. Seule la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur fait moins bien. Les écologistes rattraperont le retard pris lors du dernier mandat sur la réalisation des véloroutes. Et cela sans attendre.

Sur les 46 Territoires Vélo labellisés en France, trois seulement sont en Occitanie et un seul département, la Lozère, est labellisé. Nous pouvons assurément faire mieux. Plus la pratique quotidienne et la part du vélo dans les déplacements du quotidien (part modale) augmente, plus la pratique touristique est importante. 

Les scénarios d’évolution des pratiques touristiques du vélo s’appuient donc sur la corrélation observée entre la pratique utilitaire du vélo et la pratique du vélo pendant les vacances : 12 000 emplois peuvent être créés et pérennisés dès 2022 dans la région avec un scénario volontaire de développement du tourisme à vélo. Ces emplois se répartiront dans l’hôtellerie et la restauration, dans l’aménagement et l’entretien des voies vertes, dans l’entretien de vélos, dans la médiation culturelle et naturelle.

Il est donc essentiel, dans le cadre d’une relance économique verte, de prendre le problème de façon globale et corrélée en investissant très fortement dans les aménagements dédiées ou partagés pour mobilités douces. En janvier 2021, une étude de l’Insee le confirmait : dès qu’il y a des aménagements pour les cyclistes et les piétons, la part modale des mobilités douce augmente. Les effets ne se font pas attendre témoignant d’une vraie demande et d’une vraie nécessité.

Précisons que ces effets se font sentir autant en milieu rural qu’en ville. Le vélo du quotidien n’est pas uniquement un transport des ville, il est aussi, si on veut s’en donner les moyens, un transports des campagnes et du péri-urbain. La région et ses habitant.e.s ont besoin d’actes, de réalisations qui vont dans le bon sens. Les milliards investis dans une énième autoroute écocide seraient bien plus utiles sur la réalisation d’équipement qui non seulement vont dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique mais aussi, et de façon corrélée, vers la création d’emplois non délocalisables et durables.

Déchets et économie circulaire

Parce que les ressources de la Terre sont limitées, que notre capacité de production d’énergie l’est aussi, que la nature et la biodiversité disparaissent sous nos déchets, immenses au point de créer un nouveau continent flottant, nous devons maintenant changer notre regard sur les déchets.

Le modèle de production linéaire (extraire, produire, utiliser et jeter) est dominant dans l’économie. Sur Terre, elle est la seule à transformer la matière en produisant des déchets. Ce mode de production est peu efficient en faisant la part belle aux objets à usage unique. 

La première étape est l’extraction. Elle sous-entend la sortie de matières des “circuits” naturels. Cette destruction entraîne une limitation de notre capacité de production. L’extraction entraîne également une destruction de la nature et, par ricochet,  cause l’effondrement de la biodiversité.

La dernière étape est le déchet. La production de déchets a par exemple provoqué l’apparition d’un 7e continent dans l’océan Pacifique. Ce continent est composé de 3,5 millions de déchets. Plus près de nous, une île de plastique a été découverte au large de la Corse. 

Les Régions ont compétence depuis 2015, grâce à la loi NOTRe, à planifier la prévention et la gestion des déchets. Notre Région ne s’est pourtant pas précipitée sur ces nouvelles dispositions puisqu’elle n’a voté son plan (PRPDG) qu’en 2019. 

Nous souhaitons nous emparer du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets pour en faire un véritable outil démocratique de la transition écologique. Nous axerons nos actions selon 4 principes : réduire à la source, trier, ré-injecter dans circuit économique, et enfin, pour ce qui aura échappé aux 3 premiers principes, valoriser en énergie ce qui peut l’être. 

Réduire

La réduction des déchets commence par la sensibilisation des habitant.e.s, des entreprises et des commerces, leur compréhension de l’enjeu environnemental, énergétique et pour la santé, et leur implication au quotidien.

Il existe de nombreuses pistes de réduction comme par exemple le gaspillage alimentaire, la sélection des produits que l’on achète, la réutilisation des contenants.

Nous soutiendrons donc les entreprises régionales qui réalisent des produits éco-conçus, optimisent les emballages ou qui lancent des initiatives pour minimiser l’usage de matières premières non recyclables.

Trier et collecter

Nous devons respecter les objectifs nationaux et tenter de les dépasser. Nous nous assurerons que les filières de collecte et de tri soient le plus performantes possible, que les quantités de déchets mélangés soient les plus faibles possible ainsi que les déchets hors collecte et que l’on retrouve parfois dans la mer.

Ré-injecter dans le circuit économique

Le recyclage des biodéchets doit devenir la norme. Il est inacceptable que des matières valorisables partent dans des incinérateurs qui de plus gaspillent de l’énergie pour évaporer de l’eau.

Nous ferons du recyclage une priorité comme source d’emplois à reconquérir d’abord dans le réemploi de certains matériaux dans le BTP, premier consommateur de matières. Nous agirons également avec volontarisme aux côtés des acteurs de la filière et des collectivités locales pour identifier précisément les besoins (métaux, papiers, plastiques, déchets électroniques…), les potentialités, et planifier la réalisation des moyens.

Réparer – Réutiliser

Nous soutiendrons la réparabilité et la recyclabilité des biens de consommation. Nous nous érigerons contre l’obsolescence programmée en faisant la promotion des nouvelles labellisations qui permettent le repérage de produits commerciaux conformes à ces principes.Nous poursuivrons également notre soutien aux entreprises de réparation, de même qu’aux ressourceries qui leurs donnent une nouvelle vie, notamment en les rendant plus visibles.

Expérimenter de nouvelles formes de valorisation énergétique des déchets ultimes

Afin de rattraper le retard pris par la région dans les nouvelles technologies, du fait de son choix exclusif pour l’hydrogène, nous évaluerons l’intérêt d’expérimenter deux technologie actuellement expérimentées ailleurs qu’en Occitanie :

  • la pyrogazéification des Combustibles Solides de Récupération comme alternative à leur incinération dans des cimenteries. Cette technologie produit du gaz méthane injectable dans les réseaux.
  • la gazéification hydrothermale, nouvelle technologie pour les déchets liquides, comme les boues de station d’épuration produisant elle-aussi du méthane.

Propositions

  1. Faire du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets un véritable outil démocratique de la transition écologique, en impliquant les habitant.e.s, actuellement les grand.e.s absent.e.s de ce plan.
  2. Créer des territoires zéro déchet zéro gaspillage, en complément de ceux sélectionnés par l’Etat et l’ADEME. Créer des outils pédagogiques et de communication « zéro déchets »,
  3. Soutenir les actions de réduction du gaspillage alimentaire à tous les échelons de la chaîne, et notamment dans les lycées.
  4. Soutenir les produits éco-conçus et, dans une moindre mesure, les produits plus économes en matières premières non recyclables.
  5. Développer les achats responsables dans les structures régionales et diffuser les bonnes pratiques.
  6. Inciter le monde économique à développer la consigne.
  7. Faire du recyclage une priorité pour relocaliser des activités et créer de l’emploi, et poursuivre la promotion du tri.
  8. Evaluer la performance des filières de collecte et de tri.
  9. Soutenir des initiatives visant à réduire les rejets de déchets transitant sur les cours d’eau jusqu’à la mer.
  10. Inciter les entreprises dans leurs initiatives à rendre leurs produits réparables et 100% recyclables.
  11. Poursuivre le soutien aux structures de réparation de biens de consommations, et aux ressourceries.
  12. Evaluer de nouvelles technologies de valorisation énergétique des déchets ultimes, notamment la pyrogazéification des CSR et la gazéification hydrothermale, aujourd’hui expérimentées ailleurs qu’en Occitanie.
  13. Renforcer les capacités de l’observatoire des déchets à fournir des indicateurs régionaux complets, détaillés et transparents, permettant aussi de comparer par rapport aux autres régions.
  14. Développer le compostage de proximité notamment dans les lycées et établissements scolaires afin de sensibiliser à la transformation des déchets comme nouvelles ressources

Focus sur une nouvelle filière de réparation et de valorisation des bateaux de plaisance

Les petits bateaux de plaisance et de pêche inutilisés finissent actuellement comme épaves sans valorisation aucune. Dans certains cas pourtant, ils pourraient être réparables et recommercialisables. Certains de leurs éléments constitutifs pourraient être réutilisés dans de nouveaux processus de fabrication. En fin de processus, leurs matériaux pourraient entrer dans des filières de recyclage. Ici encore, le besoin est réel, et le soutien régional pourrait participer à la création d’une filière très pertinente créatrice d’emplois qualifiés.

L’économie sociale et solidaire

Les structures de l’ESS résistent mieux à la crise. La baisse de l’emploi n’a été que de 0,7 % dans les structures de l’ESS alors que le secteur privé classique accusait dans le même temps une baisse de 1,9%. 

Trois priorité pour l’Économie Sociale et Solidaire : 

  • créer une vice-présidence à l’Économie Sociale et solidaire
  • mettre en place une chaîne d’accompagnement allant de l’émergence au développement en passant par l’hébergement, le financement. 
  • créer un fonds spécifique d’investissement  pour accompagner les projets d’Economie Sociale et Solidaire (ESS) . Ce nouveau fonds sera exclusivement dédié au financement en fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises sociales et solidaires de la région Occitanie en phase d’accélération, de développement et de reprise. 

Expérimentation d’un Revenu Universel d’Existence en Occitanie

La situation actuelle, liée au cumul des crises, aggrave considérablement les inégalités sociales. Étudiant.e.s ou jeunes actif.ve.s, les jeunes en sont les premières victimes. En milieu rural, de nombreux agriculteurs et agricultrices sont également en grande précarité. De même, les habitant.e.s des quartiers populaires des villes. Nous proposons que l’Occitanie soit un espace.

Pour qui ? 

Trois publics cibles sont identifiés pour une expérimentation de 24 mois : 

  1. Les 18-25 ans : 500 jeunes tiré.e.s au sort sur tout le territoire d’Occitanie à partir d’un appel à candidature.
  2. Un territoire ciblé en zone rurale (commune ou canton) : 500 habitants tirés au sort à partir d’un appel à candidature.
  3. Un quartier urbain de forte mixité sociale : 500 habitants tirés au sort à partir d’un appel à candidature.
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